10 bonnes raisons de découvrir le wwoofing: mon retour d’expérience

10 bonnes raisons de découvrir le wwoofing: mon retour d’expérience

En juin dernier, je me suis lancée dans 3 semaines de wwofing. Le wwoofing kézaco ? WWOOF signifie : World-Wide Opportunities on Organic Farms. C’est un réseau mondial de fermes biologiques créé en 1971. Le principe du wwoofing est de mettre en relation des propriétaires de fermes bio et des voyageurs curieux de tester ce mode de vie tout en ayant du temps de découvrir le coin. Ça peut donc être partout dans le monde mais j’ai choisi…. La Bretagne. Et oui, on ne se refait pas, c’est vraiment ma région de cœur. Ce sera peut-être un peu plus loin la prochaine fois (ou pas). Le principe est donc de choisir un lieu qui te plait et/ou que tu souhaites découvrir. Tu travailles dans la ferme, dans les champs une partie du temps (le matin en général) en échange du gîte et du couvert, et tu peux faire ce que tu souhaites l’après-midi.

Vegan warning : sur le site par lequel je suis passée (https://wwoof.fr/), les propriétaires indiquent quels régimes alimentaires sont possibles chez eux, donc pas de soucis pour les végan.e.s. C’est plutôt chouette.

.

Mon expérience en quelques mots

L’exploitation

C’est Nicolas et sa famille qui m’ont accueillie, au sein du Champ des possibles, à Plonéour-Lanvern (qu’est-ce que j’aime les noms bretons), dans le pays bigouden, pas très loin de Quimper (Finistère).

Sur une surface d’un hectare, Nicolas a développé une activité de maraîchage super diversifiée : plus de 40 variétés de légumes et plus de 200 espèces. Beaucoup de fleurs aussi, et elles sont magnifiques. Je vais ponctuer cet article de photos de quelques-unes de ces fleurs. J’étais en compagnie d’autres wwoofeur.se.s, au moins une partie du temps, et les repas étaient préparés et dégustés ensemble. Retrouve plus d’infos sur Le Champ des possibles sur wwoof.fr, facebook, ou sur cet article du Télégramme.

.

Mes activités

Tous les matins donc, les activités allaient des semis à la récolte, en passant par la préparation des légumes pour la vente (faire des bottes d’oignons, cuire des betteraves, etc), mais aussi le désherbage, l’entretien des plantes (égourmandage des tomates par exemple), le rempotage des semis, etc. Les moments de ventes étaient le marché le mercredi matin et l’AMAP le vendredi soir. Autant te dire que c’était bien fatiguant, surtout les premiers jours, ensuite je me suis un peu habituée.

Côté loisirs et découvertes hors champ, je ne vais pas beaucoup détailler ici mais j’ai pu découvrir de très beaux endroits pendant mon temps libre, notamment les plages de Kermabec et de l’île-Tudy, des villes/villages comme Plonéour-Lanvern, Sainte-Marine, Pont-l’Abbé (et son musée bigouden), et Quimper (et son musée breton). Si ça t’intéresse j’ai publié 2 séries de stories sur Instagram, elles sont à la une.

.

Ce que je souhaite te transmettre

Je te partage ici mon vécu, mon expérience et ce que j’en retiens, pour te faire découvrir ce monde, celui des gens qui nous nourrissent mais que l’on voit et – malheureusement – considère peu. Cet article s’adresse principalement aux citadin.e.s (quand je parle par exemple de découvrir ou redécouvrir la nature), mais ne t’inquiète pas il y en aura pour tout le monde !

.

10 bonnes raisons d’expérimenter le wwoofing

1. (Re)découvrir

Re(découvrir) la diversité des plantes, des fruits, des légumes, des fleurs, et aussi de la faune, notamment les insectes. Concernant directement la nourriture, j’ai remarqué que la plupart des gens, aujourd’hui, diversifient assez peu leur assiette, en termes de fruits et légumes. Et pourtant, c’est incroyable tout ce que la nature a à nous offrir, notamment l’hiver. Combien de fois j’ai entendu que “L’hiver, de toutes façons, à part les choux et les navets….” 🙄 Mon conseil: sois curieux.se, et ose, de temps en temps, tester une nouveauté 😊 Ton corps et tes papilles te diront merci ! (la plupart du temps en tous cas 😂 promis)

.

2. Apprendre

Apprendre le métier de maraîcher, ses exigences physiques, mais aussi l’aspect administratif et financier, le fonctionnement des subventions de la PAC (Politique Agricole Commune), et surtout les connaissances nécessaires pour être maraîcher : les associations efficaces, les rotations de culture, etc. Je vous assure c’est énorme, j’en reviens toujours pas 😱 Sans parler du vocabulaire ! J’ai retenu par exemple “égourmander” mais j’ai entendu tellement de mots inconnus au bataillon que c’était trop pour ma petite tête 😅

.

3. Comprendre

Comprendre le vrai prix des fruits et légumes que l’on achète et mange : avec le travail humain (et parfois mécanique) qu’il y a derrière. Surtout que, encore aujourd’hui, la PAC subventionne peu voire pas du tout les petits producteurs, elle favorise les “gros”. Du coup, non seulement les petits producteurs ne sont pas subventionnés, mais ils ne peuvent pas non plus faire des prix trop élevés, pour rester alignés avec les autres. Résultat: ils rognent sur leur marge. Drôle de monde 🤔

C’était passionnant de comprendre l’amont de la chaîne, et comment ça arrive jusqu’à nous. Vous ne verrez plus vos fruits et légumes de la même façon après une telle expérience.

.

4. Se réjouir

Retrouver enfin le le vrai goût des fruits et légumes, sans parler du plaisir et de la satisfaction de manger (et vendre) ce que l’on cultive et cueille, patiemment mais sûrement. C’est tout autre chose de suivre un produit du début à la fin, plutôt que l’acheter déjà tout prêt dans un magasin. En tous cas moi j’ai kiffé 😃

.

5. Ralentir

C’est l’occasion d’expérimenter la slow life, avec moins d’écran et moins de sollicitation (des réseaux sociaux par exemple), et aussi moins de stress. Mais beaucoup de travail manuel ! Comme une respiration qui fait du bien et qui ressource.

.

6. Expérimenter

La vie d’agriculteur.se change tellement de la vie urbaine et moderne que c’est l’occasion d’essayer tout un tas de choses, par exemple : la vie en communauté, un confort matériel moindre, les toilettes sèches 😄 Tout cela m’a aussi permis de découvrir d’autres facettes de moi-même. D’ailleurs on passe de longs moments rien qu’avec soi-même, à méditer tout en ramassant ou plantant. Qu’est ce que ça fait du bien ! Même si ça peut faire peur. Hé oui on n’a plus vraiment l’habitude !

.

7. Se révolter

Par exemple en comprenant le fonctionnement de la PAC (Politique Agricole Commune) et son système de subventions. En effet, par moultes mécanisme, bien souvent la PAC subventionne surtout les gros producteurs, et les aides à la conversion et au maintien en bio vont changer pour la période 2023-2027 (à la baisse, pour le maintien). Du coup je trouve ça chouette d’essayer de soutenir les petits producteurs bio par nos choix de consommation 🙂 C’est un peu the least we can do.

Plus généralement, se révolter quand on réalise le gap énormissime entre la quantité de travail / les difficultés quotidiennes dans le maraîchage et la rémunération 😮 Pourtant à mes yeux ces gens qui nous nourrissent méritent un bien meilleur salaires que certaines “élites” grassement payées.

.

8. Se préparer

Avoir un petit avant-goût du monde post-pétrole, et pouvoir l’envisager et le préparer sereinement. Se rendre compte que c’est la fin d’un certain monde mais le début d’un autre, plus apaisé et plus proche de la nature.

.

9. Se reconnecter (et rencontrer)

(Re)découvrir la campagne, la nature, la lenteur, etc. Mais aussi des gens qu’on ne rencontrerait pas dans notre petite bulle : leur bienveillance, leur gentillesse, leur écoute, l’entraide. J’ai pu observer un bel esprit de communauté qui nous rappelle qu’on n’est pas grand chose sans notre entourage et sans entraide.

J’ai en particulier beaucoup apprécié des conversations avec des ex citadins / cadres / etc reconverti.e.s. Ayant fait un choix de cœur, de passion, ça donne une saveur particulière à leur parcours et leur vision du monde.

.

10. Confronter ses idées et réfléchir

Last but not least. Cette expérience m’a permis de comprendre (j’allais écrire “en profondeur” mais non, pas du tout, j’ai juste effleuré en fait !) les réalités du monde paysan et de la voie vers l’autosuffisance. J’y ai beaucoup discuté et leurs idées m’ont bien fait réfléchir. Je me suis rendue compte que certains de mes principes bien ancrés pourraient être ébranlés, dans ce contexte précis (hors ville notamment, mais aussi décroissant et/ou autosuffisant). Je parle même de conflit par exemple avec le véganisme 🤔 (mais pas l’antispécisme hein !). Quelle stimulation 🤯

En bref, c’était une très très chouette expérience 🙏 J’ai beaucoup de gratitude pour cela. Je ne peux que t’encourager à essayer. Avec un peu de chance tu tomberas toi aussi sur un endroit aussi merveilleux que Le Champ des Possibles ☀️



4.5 2 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments